Le pire pour un ecrivain

Il m’est arrivé la pire chose qui puisse arriver à un écrivain : j’ai perdu mon cahier.

Oui, exactement, CE cahier. Celui sur lequel je travaillais depuis trois ans, rempli de notes, de synopsis et de fragments de textes. Il en était même tellement rempli que j’en avais commencé un autre, tout neuf, tout beau. Que  j’ai perdu aussi.

Alors voilà, c’est dans ces moments là qu’on se rend compte de tout ce que nous confions à nos objets.

Et la question était de savoir pourquoi celà m’avait tellement touché. Il ne s’agissait après tout que de trois cent grammes de papier et d’un demi-verre d’encre…

Il y avait dans ce cahier des réflexions, des idées, des souvenirs. La mémoire de tout ce que je souhaitais pouvoir un jour parcourir à nouveau. Comme une mémoire du monde, quelque chose de plus solide que des souvenirs.

Bien pire, je me suis rendu compte que ce que je notais dans ces cahiers n’en sortait pas. Il y avait bien sûr quelques notes sur des textes en cours d’écriture. Des idées qui deviendraient peut être, une fois qu’elles auraient mûri, des nouvelles. Mais aucun de mes textes terminés ne me donnait la même impression. Impossible d’y retrouver la même sensation de bouillonnement mi-imaginaire, mi-réel.

C’est terrible de se rendre compte que l’âme de ce que l’on veut écrire ne survit pas dans le texte final.

En fait, perdre ces cahiers m’a aidé à comprendre ce que je voulais faire de l’écriture. Et, d’une certaine façon, cela a été une chance.

Alors voilà deux résolutions issues de cette expérience :

Publier. De toutes les raisons qui poussent à publier, c’est loin d’être la plus mauvaise : mettre au propre ce que l’on veut conserver et en faire des livres.

Et que mettre dans ces livres ?

Mais la réponse est évidente. La même chose que dans vos notes. Ca vous plait ? Ca plaira bien à quelqu’un d’autre.

Alors, oui, il faut travailler. Oui la narration, oui la caractérisation. Oui à toutes les méthodes pour raconter des histoires plus passionnantes, plus ceci ou plus celà. Mais pas au prix de ce qui fait que vous avez commencé à les écrire. Dans tout ce que vous écrivez, conservez la flamme. Et cette flamme, elle est là dans ces trois lignes notées sur un bout de papier. Conservez les, revenez – y et faites les vivre.

Pourquoi écrire ?

Pour partager, et pour montrer – ne serait ce qu’à soi même – ce que l’on a vu du monde et ce que l’on en a compris.

 

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