Notes de structure

Dans le BTP, on appelle note de calcul structure, le document qui explique comment se comportera le futur bâtiment, comment ses différentes parties vont interagir les unes avec les autres et si – au final – tout tiendra debout ou si l’ouvrage patiemment assemblé finira par terre en morceaux inarticulés.

C’est un peu au même exercice que je me propose de me livrer ici. Etablir des notes de structure de romans, et voir comment ils tiennent ensemble. Avec toutefois cette petite précaution : lorsqu’on parle de structure de roman, on entend généralement sa structure dramatique. Comment les personnages agissent, ce qu’ils entreprennent, les sentiments qui les animent, et la succession des évènements et des coups de théatre.

Mais ce n’est pas la structure du texte lui même : c’est celle de l’histoire racontée, une structure dramatique.

La structure d’un texte sera composée de descriptions et de dialogues, de niveau de langue, de parties plus ou moins complexes ou poétiques. La structure sera d’abord une étude de l’effet du roman sur le lecteur.

Commençons…

 

Huysmans – En rade.

C’est l’histoire d’un couple qui, pour fuir ses problèmes d’argent, se réfugie dans un château en ruines. Loin des conception romantique, ils iront de désillusion en désillusion.
Caractéristiques générales : Le roman est tissé de métaphores de décrépitude et d’abandon. Rapprochement systématique de symboles de hautes aspirations, associées à des description de décrépitude physique.Impossibilité de communiquer avec les paysans ( usage du patois dans le texte ). Pas de scène de dialogue dans le couple, uniquement des monologues juxtaposés, avec une scène où le trait est poussé jusqu’au bout : deux monologues intérieurs successifs, où le personnage va penser à lui, s’en vouloir de son egoïsme, et prendre sur soi pour revenir vers l’autre. Marque la totale différence des deux personnages, et en même temps leur incapacité à en tenir compte pour conserver une bonne image d’eux même.
Sur la structure elle même : La description, très Maupassant dans l’esprit, des déconvenues d’un parisien devant la vie rurale est coupée à intervalles réguliers par la description des rêves du personnage principal. Chaque rêve va faire référence à des éléments vu précédemment ( texte très auto-référencé ). Ces parties, surréalistes avant la lettre, sont écrites avec un vocabulaire très recherché ( Huysmans se lache ). Et elles font un effet de contraste avec la description du quotidien. Hautes aspirations, retour au réel. La contradiction dans laquelle se débat le personnage est dans la construction même du texte.

 

Frederic Lenormand – Elementaire mon cher Voltaire
Un effet etrange : a force de n faire discuter entre eux qu les quatre memes personnages qui ne pensent qu’à eux, ne parlent et ne se réoccupent que d’eux, on finit par en oublier l’intrigue policière pour savourer le pur spectacle d’un Voltaire pourchassé à travers Paris. C’est une farce plaisante. Et on en devient aussi égoïste que le personnage de Voltaire lui même. Où est il, que fait il ? On ne pense qu’à lui, on ne veut voir que lui.

L’intrigue policière en a presque un effet comique tant elle parait coupée du reste. En fait, il aurait peut être mieux valu une enigme ou un secret à découvrir que cet assassin barbare, beaucoup trop violent pour le principal du livre, comme une tête plaquée sur un corps qui ne lui appartient pas.

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