Raphael Metz – Pour écrire un feuilleton imbitable

Pour écrire un feuilleton imbitable, choisir un sujet le plus restreint possible (un ancien fort, un port industriel, une ligne de chemin de fer démontée ) et s’astreindre à perdre le lecteur dans d’interminables circonvolutions et usage de toponymes locaux qui lui sont totalement inconnus ; avoirune idée de ce qu’est l’écriture qui restera, à tout jamais, incomprise, et, au final, se désintéresser desdits lecteurs sans pour autant se draper dans un orgueil d’artiste maudit, car la malédiction qui plane au-dessus de nos têtes à tous est bien  assez prégnante pour en rajouter.

Il faudrait peut-être leur expliquer, à ceux qui nous traitent d’imbitable, que ce n’est pas possible , de raconter le réel. Que ce devrait être impossible à tout le monde, que c’est une sorte de soleil noir dont on ne revient jamais indemne, on y perd quelque chose, quelque chose d’essentiel – on peut faire semblant, on peut jouer à, mais.

 Raphael Meltz – Suburbs III – Interlude ( le Tigre )

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :