Ecrire pour le cerveau

 

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1 / Le lecteur dans le livre.

Le cerveau réagit de la même façon à la lecture d’une action que lorsqu’on voit un autre l’effectuer, ou qu’on la réalise soi-même.

Il faut donc écrire pour immerger le lecteur. Il est dans le livre, avec vos personnages. Il partage leur émerveillement ou leur angoisse. La lecture est avant tout une expérience d’immersion dans un environnement mental, composé de souvenirs, de connaissances, de sensations. Et tout celà va se décliner, pour le lecteur, en émotions. C’est à vous de créer l’environnement émotionnel dans lequel va évoluer le lecteur.

2 / Les émotions immédiates
Le cerveau est câblé pour reconnaître immédiatement les émotions à partir des expressions, des mouvements.
Sachant celà, on peut placer dans les dialogues des indications de mouvement, de geste. Ces éléments que nous suivons de manière inconsciente dans la vie réelle leur donnent l’apparence de la vie. Ils permettent aussi d’aiguiser la curiosité du lecteur, pour qui les sentiments réels du personnage restent un mystère.

3 / Et qu’aimerais je sinon l’énigme ? ( Giorgio de Chirico )
Nous recherchons sans cesse des raisons au fonctionnement du monde. L’homme, par nature, veut soulever le voile du mystère. Et si, dans la vie réelle, il n’y a jamais de solutions unique, la littérature existe aussi pour remédier à ce défaut.
Laissez réfléchir votre lecteur, il ne demande que ca. Donnez lui du grain à moudre, des fausses pistes et des intentions. Laissez le voir, lui aussi, un peu de ce qui se cache derrière les sept voiles du monde.

4 / Lorsque un protagoniste meurt, c’est un héros qui nous quitte

Penser à chaque personnage comme à un protagoniste avec ses motivations, et un univers mental qui justifie ses actions. Le cerveau humain est câblé pour détecter et évaluer les liens entre personnes. Qui parle avec qui ? qui sait quoi ?

En prime, un effet : « Nous sommes fascinés par les personnages qui dissimulent leurs intentions. Et si, par hasard, nous en apprenons à leur sujet un peu plus que les autres personnages, ce n’en sera que mieux. »

5 /  L’herbier des passions humaines

Les histoires lues nous préparent aux situations que nous pourrions rencontrer, nous donnent les clés mentales pour comprendre le monde et nos semblables. Et plus nous en lisons, plus nous faisons d’expériences qui pourraient servir un jour. La lecture nous donne accès à une variété de situations, de la survie sur une île déserte au pilotage d’un avion postal par dessus la Cordillère des Andes.

A défaut de chercher à faire des histoires utiles, on peut s’efforcer de les faire justes. Les situations que nous avons rencontrée, les crises que nous avons dénouées serviront peut être à quelqu’un d’autre. C’est ce qui donne son importance à la cohérence interne du récit, et au conseil de Stephen King  : Ecrivez sur votre expérience. Vous êtes plombier ? Un plombier dans l’espace est une bonne base pour la science fiction.

 

Un point supplémentaire : la dissonance cognitive et le malaise qui nait lorsque ce que l’on sait du monde n’est pas en accord avec ce que l’on en perçoit.
Cette dissonance, dans la vie quotidienne, provoque toute une gamme de réactions, du pur déni  à la violence physique. En littérature, il y aurait au moins un effet à étudier : le malaise.
Un exemple ? Tess d’Uberville, et ses grandes déclarations morales alors que la mécanique du roman ne fonctionne pas, mais alors pas du tout, sur des bases morales, et un personnage présenté comme malfaisant et cruel, qui pourtant ne fait rien de vraiment mal.

Il faudrait aussi revenir sur les biais d’argumentation. Celà pourra faire l’objet d’un autre article.

 

Ce billet est une note de lecture d’un artice de litreactor : 5 essential brainhacks for fiction

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un commentaire

  1. Le premier point me rappelle un TED Talk que j’ai vu récemment, sur comment le cerveau réagit durant la communication. Et effectivement il explique que les mêmes zones cérébrales sont activées entre la personne qui écoute l’histoire (ou la lit) et celle qui la raconte. C’est fou !

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