Paul Feval fils – Saint patron des écrivains sous licence

Vous êtes passés devant un cinéma multiplexe, ces derniers temps ?

Des spin-off, des sequels, des reboot, des prequels en pagaille.

La déclinaison à l’infini du même héros :

Batman the dark night, Batman begins, Batman Arkham Origins. Batman – the dark knight rises (presque sans Batman). Arkham – la série ( sans Batman du tout )

Les explications longuettes sur pourquoi les choses ont été ce qu’elles sont – le scénario photo de famille.

Star Trek iNto DaRknEss ( avant les autres ). X men, les jours du futur passé (encore avant).
Alien 5 ( qui vient après, mais qui est aussi avant )

Les films qui vont explorer dans le détail un petit bout de l’univers, dont on se fout complètement

The hobbit  :  Dans l’épisode précédent, Bilbo traverse la guerre. Bilbo affronte le seigneur des ténèbres. Bilbo voit s’effondrer des empire. Dans notre nouvel épisode, Bilbo fait du trekking. « Ouh la la, dans la forêt, il y a un dragon » .

Et toutes les autres cochonneries qui ressemblent tellement à un autre film qu’on ne sait même pas si on les a déjà vus ou pas encore.

Bref, les scénaristes n’ont plus aucune imagination, les spectateurs sont des veaux qui mangent ce qu’on leur donne et le monde va à sa perte.

Ah, où est le glorieux temps où la littérature était la Littérature, où la Littérature produisait des Héros ?

Où est tu Cyrano ? Où est tu d’Artagnan ?

Ah vous voilà ! Enfin, mes vieux amis.

Mais …

Mais qu’est ce que c’est que CA !?

Un cross-over de 1920 !

Ca, c’est ‘Cyrano et d’Artagnan’, une double trilogie de Paul Feval fils.

Un cross over de 1920 ! Une récupération éhontée de deux personnages que l’auteur n’a pas inventés. Impossible de dire s’il s’agit d’un hommage, il n’y a pas eu de procès. Mais le résultat est là, sous nos yeux : Paul Feval junior a vendu du papier en donnant une suite que ni Rostand ni Dumas n’avaient prévu.

Et alors ?

La couverture est peut être un peu passée de mode, mais ce ne sont pas de mauvais livres. Un style coloré, beaucoup d’action, des rebondissements toutes les deux pages et des personnages haut en couleur…
Le fond est un peu léger, bien sûr. Mais le rythme prend.

S’il fallait reprendre la même trame aujourd’hui, celà donnerait sans doute une bd ou un film et pas un roman.
Mais celà donne un petit goût vintage pas désagréable : voilà le scenario d’un film d’action où l’on est sur de ne trouver ni méchant nazi, ni ancien des forces spéciales. Ce livre vient d’un temps où l’action était de cape et d’épée.

Celà explique sans doute le succès de l’oeuvre : pas moins de trois éditions et un film ( réalisé par Abel Gance, quand même )

Et c’est tout ?

Non. L’homme a innové dans tous les domaines :

Des variations sur le thème du Bossu, de Cyrano et de d’Artagnan.

De la science fiction (si, si)

Des romans aux titres titres incompréhensible : Le dernier Laird : la providence du camp

D’autres dont le titre est dejà très moderne, le ceci de celà : Les amants de l’au-delà, Les vampires de la mer, Les Fiancés de l’an 2000

et les aventures de Felifax, l’homme tigre.

Rien que dans l’univers du Bossu (créé par son père, rappelons le ) il a écrit 7 romans originaux, et décliné deux d’entre eux en pièces de théâtre.

  • Le Fils de Lagardère (1893, avec A. d’Orsay) –> sequel, spin off
  • Les Jumeaux de Nevers (1895, avec A. d’Orsay) –> spin off
  • Les Chevauchées de Lagardère (1909) –> spin off
  • Cocardasse et Passepoil (1922-23) –> spin off
  • Mademoiselle de Lagardère (1929) –> spin off
  • La petite fille du Bossu (1931) –> sequel
  • La Jeunesse du Bossu (1934) –> prequel

Quinte flush royale ! Toutes les figures de l’exploitation de licence sont déjà là. Avec une mention spéciale pour ‘Cocardasse et Passepoil’, où les sidekicks comiques récupèrent leur propre titre. Même Georges Lucas n’a pas osé dédier un film entier à Jar Jar Binks.

Et puisqu’on parle de Guerre des Etoiles…

Paul Feval fils a été le premier à écrire La Guerre des étoiles.

Oui, plus de 50 ans avant que Georges Lucas ne commence à réfléchir à son oeuvre maîtresse, Paul Feval fils avait déjà préempté le titre ! Il était déjà prêt à écrire sa version d’une œuvre pas même imaginée.

Et c’est là que l’on se dit que Paul Feval fils mériterait de devenir le saint Patron des auteurs sous licences.

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