Horreur ! Malheur !

En ce moment dans tous les kiosques à journaux : un hors série de IG magazine consacré…  à l’horreur dans les jeux vidéos.

Les Jeux Videos ? Horreur  !

Je sais, ce n’est pas l’endroit pour parler de graphisme et de gameplay. Ici, on ne s’intéresse qu’à l’imaginaire à l’ancienne, fabriqué à la main.
Et pourtant…

Sur 250 pages, ce magazine recense tous les thèmes de l’horreur interactive, avec en bonus la liste des lieux et des monstres rencontrés.  Et pour accompagner les articles de fond, la description de près d’une centaine de jeux des années 80 à 2012.  Au final,c’est une lecture plus intéressante que beaucoup de livres plus complexes sur le même thème. Sans doute parce que le jeu vidéo vise avant tout l’efficacité. Pas de complexité psychologique à attendre d’une poignée d’électrons. Il faut que le joueur ressente immédiatement le malaise pour lequel il a payé.

Efficacité, donc
Dans les lieux, d’abord : maison hantée, château maléfique, hôpital, parc d’attractions, village, forêt, école et cimetière. De même pour les créatures. Le catalogue des bizarreries est une ode au macabre et au sanguinolent. Par contraste, les quelques pages consacrées aux vampires sont presque reposantes. Au moins, ces monstres là ont encore figure humaine.
Pour les autres, ce n’est pas vraiment gagné…
Robbie le lapin fout carrément les jetons

Au programme, toutes les difformités, les chimères et les recompositions qui ont pu naître dans l’esprit malade des développeurs. Vous vous jugez trop sain d’esprit pour inventer un monstre ? Allez y, piochez ! Il n’y a qu’à faire son choix dans le nouveau catalogue 2012 des monstres qui font peur.

Livrés sans notice de montage.

Une source d’inspiration conséquente, mais très difficile à manier. A la lecture, je n’ai pas arrêté de me demander comment retranscrire telle ambiance ou telle sensation particulière que l’immersion dans un jeu rend immédiatement. Une description directe ne vaudrait sans doute pas grand chose. Il n’y a qu’à lire la critique d’Assassin’s Creed ( ici ) pour se rendre compte des dégâts d’une novélisation trop respectueuse du gameplay. Comment rendre l’ambiance oppressante de la pluie dans Silent Hill, ou l’horreur absolue devant la rapidité des zombis de L4D ? Comment retranscrire, non pas la réalité de la scène, mais les sentiments du joueur ?

Question ouverte…
… et qui pourrait faire un beau thème pour ‘En quete de mots‘.

Mais pourquoi tant de zombis ?

C’est une vraie question. Alors qu’il y a tant de monstres fascinants dans la littérature, des harpies, des blobs et des golems. Au final, on n’utilise que le zombi ?
Ce n est pas un monstre de la nature comme la tarasque. Ce n est pas non plus le spectre du retour a l’animalité, comme la harpie. Rien a voir avec le fantôme ou le vampire, aristocrates cruels, obscures réminiscences de l’arbitraire féodal. Nous ne sommes plus au temps des monstres et  ce qui vient dans la nuit n’effraie plus personne. La plupart d’entre eux ont désormais le même potentiel dramatique qu’une citrouille de carnaval.

C’est la que le thème du zombi prend son importance. Le zombi est un monstre totalement humain. Face à lui, le joueur est pris dans sa propre folie. Dans un pandémonium ou il doit détruire ceux qu’il voudrait protéger et ou ceux qui devraient venir a son secours cherchent sa mort. L’invasion de zombis est la mort symbolique de toutes les normes sociales, et un assaut contre la vision du monde du joueur. Ce qui va provoquer l’effroi est désormais plus subtil. La folie et la perte de contrôle. Pour s’en rendre compte, il suffit de lister les jeux  vraiment effrayants. Pas ceux ou la surprise vous fait sursauter. Les jeux qui vous laissent scotché, avec la désagréable sensation d’avoir approché de trop près le bord du gouffre.

Bien entendu, ce sont les moins nombreux.
Sanitarium
Bioshock
I have no mouth and I must scream.

Dans ces derniers jeux, il y a un côté vraiment malsain, que les amateurs pourront découvrir dans les longues critiques qui leur sont dédiées. S’il y a une leçon à en tirer, c’est que le jeu vidéo, comme le livre, est avant tout un objet intellectuel. Et le seul danger que puisse courir le joueur est tout aussi intellectuel.

Qui se promène parmi les visions démentes risque de croiser des images qu’il aurait préféré ne pas découvrir, ou de brûler sa vision du monde.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :