Cartes Imaginaires perdues, retrouvées

L'atlas des vrais noms

Des cartes ? Pour quoi faire ?

Le plus souvent, on les oublie sitôt passées les premières pages du livre. Un coup d’œil et puis c’est fini. Après tout, qu’y a t’il de plus banal qu’une carte dans un roman de fantasy ?

C’est devenu un usage, une pratique sur laquelle on ne s’interroge plus vraiment. Un peu comme il est difficile de commencer un roman de science fiction autrement que par un extrait d’encyclopédie futuriste.

Ceux qui ne me croiraient pas peuvent aller faire un tour sur Fantasy Atlas, c’est … édifiant.

Poser l’ambiance

La carte place l’atmosphère. Par son tracé, déjà. Avant d’être un plan, une carte est une illustration.

Le lecteur n’abordera pas de la même manière un récit dont le cadre est gribouillé sur un vieux morceau de parchemin, ou soigneusement tracé avec de petites images de fées et de licornes.

Orienter la narration

Deuxième objectif : faire passer de l’information au lecteur sur le fonctionnement du monde qu’il va aborder. Le plan est déjà une description.

Une multitude d’îles (archipels), un continent monolithique, une mosaïque de royaumes balkanisés, des villages perdus dans la jungle, le plan d’un bâtiment. Tout celà vaut plusieurs pages de textes.

Mais on pourrait imaginer d’autres formes de cartes, plus centrées sur la narration elle même que sur son cadre. Deux exemples :

  • Pour un roman d’exploration, : une carte par personnage, et aucune pour le lieu de l’action
  • Pour un road-zombie, une carte très détaillée du refuge de l’armée, inaccessible dans les montagnes. Les héros n’y mettront pas un pied de tout le roman.

Un outil d’inspiration

Dessiner le plan est un plaisir en soi. mais c’est aussi une méthode d’inspiration.

En traçant le plan d’un village médiéval, il va falloir placer des lieux typiques. Un moulin, une place de marché, un forgeron. Celà fait autant de personnages à utiliser plus tard en toile de fond de l’action.  Le risque est de faire apparaitre un nouvel avatar du ‘village médiéval typique’, avec son auberge, son église,son magasin. La carte est un moyen de se forcer à rajouter des détails qui font vrai, pas de gaver le lecteur de tous les poncifs de la big fantasy américaine.

Et puis, il y a un certain plaisir à dessiner des cartes. Tout le monde n’y est sans doute pas sensible, mais je comprends tout à fait le passionné qui a décidé de décrire un univers entier, uniquement à l’aide de plans (le monde de Selandia).

Icy, il doit y avoir des lyons…

Enfin, la carte peut aussi être une façon de faire passer une vision du monde. L’univers médiéval n’était pas représenté à la façon des cartes IGN. On représentait les lieux en fonction de leur importance symbolique.  Le monastère sera placé, pas le village de bûcherons pouilleux au cœur de la forêt.

Cartes symboliques, aussi, censées inspirer un sentiment au lecteur. On dessinait ainsi la ville et ses campagnes sous la forme d’un cercle, pour bien montrer que la métropole avait quelque chose de la Jérusalem céleste. Plus qu’une représentation du monde, la carte en est une interprétation. Toutes les sociétés ont des cartes qui sont, en même temps qu’un moyen de s’orienter, une présentation de leur système de valeur.

Aujourd’hui, c’est le même objectif que poursuivent les cartes – graphiques :  montrer que le pays est dynamique, organisé, résolument tourné vers l’avenir. Personne ne voit le ridicule d’un territoire couvert de camemberts multicolores car tout le monde possède le code de lecture. Ce ne sera pas forcément le cas dans le futur. Peut être nos plans de métro redeviendront ils aux yeux de nos descendants ce qu’ils sont en réalité : un embrouillamini de fils multicolores. Quelque chose entre la toile abstraite et le gribouillage d’enfant.

En littérature d’imaginaire, ce devrait être le premier objectif de la carte : donner au lecteur un sentiment d’inquiétante étrangeté.Que le lecteur puisse se dire, à peine la première page tournée ‘Cette fois, nous sommes vraiment ailleurs’.

Pour ceux qui chercheraient des idées, le blog Strange Maps grouille de cartes réellement inhabituelles,  et d’idées pour les utiliser. Un exemple ?  Voilà une bonne idée pour remplacer une quatrième de couverture insipide.

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4 Commentaires

  1. Un petit lien en complément, lorsque les cartes deviennent artistiques :
    http://www.ecrans.fr/Zoom-les-palettes-de-la-planete,14357.html

  2. Un site qui conserve les vieux plans de jdr, toutes ces cartes patiemment dessinées et oubliées sitôt la partie finie :http://plagmada.org/Home.html

    1. et un autre, dans le même genre…
      http://rpgcharacters.wordpress.com/

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