Borges – Pas d’européen qui ne soit un écrivain en puissance

A la fin de 1939, il publia Statements ; peut-être le plus original de ses livres, sans doute le moins loué et le plus secret. Quain avait accoutumé d’argumenter ainsi : Il n’y a pas d’Européen (raisonnait-il)  qui ne soit un écrivain en puissance ou en acte.
Il affirmait aussi que des divers bonheurs que peut procurer la littérature, le plus élevé était l’invention. Puisque tout le monde n’est pas capable de ce bonheur, beaucoup de gens devront se contenter de simulacres. C’est pour ces « écrivains imparfaits », qui sont légion, que Quain rédigea les huits récits du livre Statements. Chacun d’eux préfigure ou promet un bon argument volontairement gâché par l’auteur.
L’un d’eux – non le meilleur – insinue deux arguments. Le lecteur, distrait par la vanité, croit les avoir inventés. Du troisième, The rose of yesterday, je commis l’ingénuité d’extraire  Les ruines circulaires, un des récits du livre Le jardin aux sentiers qui bifurquent.

Borges – Examen de l’oeuvre d’Herbert Quain in Fictions

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