Personne ne peut vous conseiller ni vous aider, personne.
Avant toute chose, demandez-vous à l’heure la plus sombre de votre nuit : est-il nécessaire que j’écrive ? Creusez en vous même en quête d’une réponse profonde.
Et si cette réponse devait être positive, et si vous étiez fondé à répondre à cette question grave par un puissant et simple “Je ne peux pas faire autrement”, construisez alors votre existence en fonction de cette nécessité.
Rainer Maria Rilke – Lettres à un jeune poète
Rilke – Est-il nécessaire que j’écrive ?
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Cimetière des rêves – L’anti Jack Vance
Dans la Langue Ancienne parlée dans la Basse-Terre d’Iréné, la cité s’appelait Rhodrora. Lorsque la Langue Ancienne était la Langue Vieille, elle était connue sous le nom de Rhudaroralla. Lorsque la Langue Vieille n’était encore que le dialecte parlé par les sauvages Wittingas, elle s’appelaitAyassavalle dans la Langue Mère de Romplannan. Encore avant, elle était Yngavvalook dans la langue du Troisième Empire Irénique. Sous le Second Empire Irénique, elle s’appelait Russevalaya. Pour la population du fabuleux Premier Empire, c’était Chailiana, et les Empereurs Dorés y avaient installé leur trône.
Robert Chilson – Cimetière des rêves
Cimetière des rèves de Robert Chilson. Un petit livre publié au masque SF. Oublié à un tel point que l’image d’illustration est introuvable sur le Net. Mais un petit livre très intéressant, qu’onpourrait presque comparer à Jack Vance.
J’ai toujours adoré Vance et sa Terre au bord de la disparition, ayant fait cent fois le tour de toutes les expérimentations et réduite à attendre l’explosion du soleil en cultivant l’art du bon mot et de la plus exquise politesse.
Jack Vance fait partie de mes auteurs de référence. Mais, malgré tout son talent, je n’ai jamais pu complètement accepter ses prédictions comme plausibles. Mon disbelief se suspend bien, mais je n’arrive pas à croire – une fois le livre refermé – que notre futur puisse ressembler à ca.
Ca choque ma conception du monde. Il y a un mot très snob pour ca Weltentauschung, je crois. Tout ce que je crois connaître de l’humanité me hurle de refuser les hypothèses de Vance. Non, l’humanité ne devient pas de plus en plus raffinée, et les expérimentations sociales sont oubliées par la génération suivante.
De même, il y a peu de ruines chez Vance. Quelques fragments venus du passé, et des morceaux de technologie, mais c’est tout. Une Terre où l’humanité tourne en rond depuis des lustres devrait être couverte de ruines en tous genres. En Europe, il est quasiment impossible de creuser les fondations d’un nouveau parking sans tomber sur une échoppe médiévale, les charniers d’une ancienne bataille, une villa gallo-romaine ou un feu de camp néolithique.
Alors dans 10 000 ans … Il faudra repousser les vestiges pour simplement espérer s’asseoir.
Il y a des petits livres qui attendent, oubliés, que quelqu’un les rouvrent. Mettant un instant à la lumière des visions, une image, un poème. Le cimetière des rèves est l’anti-Vance.
Le progrès social ?
Les peuples sont enfoncés dans des guerres ancestrales, des haines de royaume à royaume qui évoquent un moyen âge où on aurait figé tout progrès. Les hommes se présentent en donnant le nom de leurs ancêtres, celui de leur famille et les exploits qu’ils ont accompli.
Les ruines ?
On ne peut faire trois pas sans tomber sur un ancien bâtiment, les ruines d’une civilisation ou une ville qui a traversé plus d’empires que les hommes n’ont de mémoire.
Et tout cela me satisfait. Ce futur là, j’y crois, même démesuré, même fou.
Alors, bien sûr, ce petit livre a quelques défauts. La quête du héros n’aurait pas pu être plus classique : on a enlevé sa fiancée et il s’est lancé à la poursuite des ravisseurs.
A part ca, les méchants manquent complètement de personnalté, et l’auteur donne souvent l’impression de n’avancer dans l’intrigue que contraint et forcé.
On suit pourtant les péripéties du narrateur sans déplaisir, comme une promenade au côté d’un ami un peu rasoir, qui – tout en vous contant sa vie sans intérêt – vous guide à travers les merveilles accumulées de mille générations d’hommes.
L’image d’illustration est une oeuvre de DerekL1963, publiée sur Flickr sous licence Creative Commons.
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De Beaumarchais à Jean Sarkozy
Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie !
Noblesse, fortune, un rang, des places : tout cela rend si fier ! Mais qu’avez-vous fait pour tant de biens ?
Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus.
Une tirade de Beaumarchais qu’on croirait écrite pour l’occasion. C’est un extrait du ‘Mariage de Figaro’, l’une de ces pièces qui – déjà – annonçaient la Révolution
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La paranoïa au TNC
J’en avais parlé dans les actus il y a quelque temps.
Alors voilà : La Paranoïa (une pièce de Rafael Spregelburd) est mise en scène au TNC en octobre. C’est … maintenant.
Et pour les infos, c’est par là.
Bon spectacle.
Dans un univers de science-fiction déjantée où les créatures extra-terrestres semblent sur le point de prendre le dessus, La Paranoïa réunit sur le plateau quelques spécimens d’humains qui, en vingt-quatre heures, doivent inventer une fiction et sauver par là-même l’espèce. Empruntant au cinéma, autant qu’au théâtre, ses modes de narration et de construction, La Paranoïa est un coup d’état permanent en forme d’éclat de rire.
Critique de Philippe Noisette (sur le site du Théatre National de Chaillot).
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Les lecteurs de Werber ont l’oeil brillant
En général, ils ont l’air plus éveillés que la moyenne de la population, et je me réjouis car je vois les lecteurs des autres écrivains qui ont tous l’air un peu fadasses et endormis. Il n’y a que les miens qui ont vraiment la petite lueur dans le regard.
Bernard Werber au festival littéraire de Mouans-Sartoux, rapporté par le Canard enchaîné.
Cité dans la rubrique “Le mur du çon” !
On a connu le canard plus inspiré. C’est manifestement une blague.
Si lire les fourmis donnait le poil lisse, l’œil brillant et une furieuse envie de se mettre au canigou, ca se saurait.
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Les cousins méconnus du Cyberpunk
Steampunk, Dieselpunk, Biopunk, Clockpunk, Mythpunk, Nanopunk et Greenpunk : huit genres méconnus, qui ne demandent que de nouveaux auteurs pour les explorer.
Cyberpunk : C’est le plus connu de la bande. Un futur pas si lointain où les grandes entreprises on pris le pas sur les états. Le seul espace de liberté ? Le Réseau, où les hackers se battent contre des Intelligences Artificelles.
Le ciel au dessus du port était couleur télé calée sur un émetteur hors service.
Steampunk : Un peu moins connu, mais pas de beaucoup. Un XIXe siècle revisité, héroïque, où la technologie a largement dépassé ses équivalents historique, tout en conservant les mêmes principes. Le capitaine Nemo menaçant l’Angleterre de ses légions de robots à vapeur ? C’est du steampunk.
Dieselpunk : Cette fois, on revient au début du XXe. Des machines volantes, des gratte ciels. Le caractère héroïque du steampunk, avec une technologie modernisée. Les plateformes volantes des nazis à la conquête de New York. Je rêve de reprendre “Le salaire de la peur” version dieselpunk.
Biopunk : Cette fois, on parle de bio-ingénierie. D’ADN modifié et de créatures créées de main d’homme. C’est un genre souvent apocalyptique. Les monstres de Frankenstein du génie génétique.
Clockpunk : Une obscure variation sur le thème du steampunk. Cette fois, tout fonctionne sur des mécanismes d’horlogerie. Vous vous rappelez de Syberia ? Horologiom ? Clockpunk.
Mythpunk : Ressortez le folklore. Les vieille légendes de la tradition orale et les anciens dieux du folklore. Voici le Mythpunk. C’est le moment de relire American Gods.
Elfpunk : Je sais que la mode est plutôt aux vampires, mais ce n’est pas une raison pour négliger les elfes. Ils sont parmi nous. Peut être êtes vous l’un d’eux ?
Nanopunk : Le futur des nanotechnologies. Un univers où un peu de poussière peu créer des usines, ou ronger les montagnes. On dirait de la magie ? Passé un certain niveau, toute technologie…
Greenpunk : Si Nicolas Hulot écrivait de la SF. Ca donnerait du greenpunk. Energies alternaties et ecowarriors. Tout celà sur fond de changement climatique.
L’une des plus grandes passions du petit monde de l’imaginaire est de définir précisément le contour de ses minuscules frontières. Tâche qui réussit l’exploit d’être simultanément herculéenne et pichrocoline.
Est-ce de la SF ? De la fantasy ? de la bit-lit ? Conforme aux canons de telle chapelle littéraire ? Ou l’auteur a t’il fait des concessions intolérables aux hérétiques de l’étagère d’à-côté ?
Une enquête policière avec des elfes : polar ou fantasy ?
Une megacorpo manipulant le génome de ses employés : thriller ou science-fiction ?
J’ai quelque part dans mes cartons une une histoire de western avec des hommes-rats. Celle là, je renonce à lui trouver une étiquette.
A une époque, on parlait de littérature ‘fusion’, pour les livres trop rétifs aux petites cases, mais ce n’est jamais qu’un joli synonyme d’inclassable”.
Je suis oiseau : voyez mes ailes.
Je suis souris : vivent les rats !
Tout ca pour dire que je ne suis pas très convaincu par ces débats d’entomologistes littéraires. Sauf quand ils peuvent donner des idées.
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Gong Jiyoung – la question et le plaisir
Quand les types qui publient 10 millions d’exemplaires disent quelque chose, les types qui publient mille exemplaires écoutent…
Avant 2000, je me demandais quel était le sens de mon écriture, mais à présent je cherche à apporter du plaisir, ce qui peut prendre des formes très variées. On a parlé à un moment de crise de la littérature coréenne, mais je pense que c’est parce que le plaisir en était absent. Que la littérature s’était éloignée de la vie. Si les gens aiment tellement les dramas [séries télévisées], c’est parce qu’ils s’y retrouvent. Poser une question sérieuse aux lecteurs et leur permettre d’y réfléchir tout en éprouvant du plaisir, tel est mon propos.
Gong Jiyoung – écrivain coréenne
Kurt Vonnegut explique la dramaturgie (en trois courbes)
Kurt Vonnegut explique pourquoi tout le monde préfère les romans à la Vraie Vie.
L’analyse ne va peut être pas révolutionner la théorie de l’écriture, mais elle plaira aux amateurs de graphiques et autres mathématiciens dans l’âme.
Ceci dit, je trouve très perturbant d’entendre l’auteur d’Abattoir 5 expliquer qu’on lit pour trouver ce que le quotidien ne peut apporter.
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Rapid Typing : Pour taper plus vite ? Suivez le poisson.
Un livre. 200 grammes, 350 pages, 750 000 caractères.
Avant d’être un texte, un livre est un objet. Et pour construire cet objet, il faut frapper à la machine. Des milliers de fois, des centaines de milliers de fois.
De quoi user plusieurs claviers et quelques doigts. Autant que l’épreuve dure le moins possible.
Pour celà, un peu d’entraînement ne fait pas de mal.
Rapid Typing est un petit logiciel tout simple. Vite installé, vite lancé, et qui s’est choisi le poisson comme symbole.
Son objectif ? faire taper des suites de caractères, dans le but d’améliorer sa vitesse de frappe.
Bien sûr il va falloir pour celà enchaîner des œuvres aussi immortelles que :
fgh fgh fgh hgf hgf hgf fhgfhg fhg
Bouleversant de sensibilité !
( Ca me rappelle le merveilleux “File moi cent sacs, j’ai plus une thune pour payer le loyer” qu’avaient découverts les Monthy Python)
En tous cas, ca fonctionne bien, et très vite. En une séance de 40 minutes, j’ai bien du doubler ma vitesse de frappe. Une bonne position des mains, c’est un peu le “planter de bâton” de l’écrivain. Essentiel. Et ceux qui voudraient répéter l’expérience disposeront de tous les outils nécessaires pour suivre leurs progrès. Des statistiques, des mesures. Tout sauf des encouragements.
L’apostrophe de t.t@o
Une photo de t.t@o, arrivée par hasard sur un flux photo “urbain”. Quelques livres et un peu de vert entre deux blocs d’immeubles.
Une très jolie image, et une photographe spécialisée dans les effets de bouquets (même si ca ne s’écrit pas tout à fait comme ca).



